Rubriques réservées à nos membres

      Forgot Login?   Sign up  

Le gasmaes

FEDERATION DU GASMAES

1966-2006

Une naissance : fruit d'une indifférence et non

d'une dissidence !

1966 , UNE JEUNE FEDERATION !

Pour raconter le GASMAES, un certain préambule est nécessaire.

En 1966, le secteur des institutions de protection de la jeunesse et d'aide aux personnes handicapées était représenté sur le plan national, par une association de fait: l'UNME - Union Nationale des Maisons d'Enfants.Celle-ci était constituée de sept organisations plus ou moins représentatives. Les membres de l'UNME, à sa création, avaient fait l'objet d'un regroupement sans critères bien définis et de nombreuses institutions n'y étaient pas représentées.

Au nord comme au sud du pays, c'était la puissante organisation de Caritas du Chanoine Cauw, représentée par la FISAJ - Fédération des Institutions Spécialisées d'Aide à la Jeunesse - avec Pierre Huvelle, son jeune directeur, docteur en droit.
Elle regroupait pratiquement tous les établissements catholiques néerlandophones, généralement des maisons très importantes, ainsi que l'ensemble des orphelinats et institutions religieuses en région francophone.

On pouvait aussi estimer à un petit 10 % les " cités de l'enfance " et établissements des inter-communales représentées par l'Union des Villes et Communes de Belgique le plus souvent affiliées à l'ANCE - la très laïque association nationale des communautés d'enfants, aujourd'hui des communautés éducatives - née dans l'après-guerre.

La FEJTE est née en 1956 sous la présidence de Maurice Van de Wiele: Fédération des établissements de semi-liberté pour jeunes travailleurs (et étudiants par la suite) ; à ses débuts, les membres étaient pour la plupart également affiliés à Caritas et pouvaient déduire leur modeste cotisation de la redevance généreuse qu'ils payaient à cette dernière.
Cette fédération avait deux ou trois membres en région flamande mais elle était surtout implantée en région francophone.

L'AEAI-Aide à l'Enfance Abandonnée et Inadaptée - s'était créée en 1955 ; association francophone, elle avait cependant une section à Bruges dirigée par un Notaire.
Le groupe de l'AEAI, une association de notables présidée sur le plan national par le Baron H. de Villenfagne, gérait principalement, en région francophone et à Bruxelles, des familles d'accueil et quelques petites maisonssous la direction de M. l'Abbé P.Thysman, professeur (1920-1990).

Indépendante des premières, une institution plus importante s'était rattachée à leur groupe en 1964. La Fédération nationale de l'enseignement spécial catholique était alors également associée à l'UNME.
Il y avait également en Flandre une petite association d'aide aux jeunes, avec une dizaine de travailleurs ; isolée par principe, elle s'était érigée en Fédération dans la région néerlandophone et a toujours joué cavalier seul !

Et enfin,seulement en Wallonie, à côté des fédérations déjà citées, nous avions la LNH - la Ligue Nationale des Handicapés - fondée par Georges Fouarge (1915-2002), avec le poids très appréciable de son école d'éducateurs de l'Abbaye d'Aulne.

Comme déjà évoqué, de nombreuses petites maisons mais aussi nombre d'institutions n'avaient pas trouvé leur place dans les fédérations existantes, souvent porte-drapeaux de tendances politiques ou philosophiques.

Ou encore, certaines fédérations plus spécialisées ne se retrouvaient pas dans leurs préoccupations, ce qui était le cas, en 1966, pour beaucoup de maisons d'enfants scolarisés à l'extérieur des institutions.

Parallèlement à ce tableau, il faut noter une huitième organisation : l'ABEJI - Association Belge des Éducateurs de Jeunes Inadaptés - premier mouvement professionnel national d'éducateurs spécialisés en Belgique, constitué en 1951.
Au départ de l'UNME, la participation de l'ABEJI ne posait aucun problème ; ses dirigeants en avaient même été les promoteurs, ceci tant que son président Paul Vandergheynst, son vice-président Georges Fouarge, son secrétaire Maurice Van de Wiele et les autres administrateurs étaient des directeurs d'institutions particulièrement influents au sein de Caritas et de la FEJTE.

Dans ce contexte, à la suite de la mise en application des premiers arrêtés d'application de la loi de 1965 sur la protection de la jeunesse, les maisons accueillant des étudiants se sont vues frustrées du remboursement de nombreux frais dits " spéciaux " que leur accordaient les juges des enfants mais pour lesquels les nouveaux magistrats de la jeunesse n'avaient plus de pouvoir d'attribution.
Ces institutions n'avaient pas été entendues par la 1ere commission d'agrément: pour le secteur privé,les membres de celle-ci, outre les fonctionnaires, étaient des personnes issues des grands établissements ou de la FEJTE qui avaient recommandé des suppléments appréciables pour les jeunes travailleurs (ceux-ci étaient sensés coûter plus cher en nourriture et en frais vestimentaires que les étudiants à âge égal !)




L'ECLOSION

C'est ainsi qu'une vingtaine de petites maisons ont été au départ d'un regroupement qui a beaucoup dérangé l'UNME.
L'union en question ne voulait pas nous reconnaître ; cela compromettait les mandats distribués à chaque fédération au sein des commissions officielles du secteur ; on nous invitait à rejoindre les fédérations existantes !
La naissance du Gasmaes n'était pas une dissidence au sein d'une autre fédération mais elle est née de l'indifférence des représentants du secteur de l'époque face aux problèmes spécifiques de certaines maisons.
Depuis 1964, avec le support de l'AEAI, existait à Genval une institution moyenne fondée et dirigée par Jacques Leblanc.
Ce dernier était également un des promoteurs du nouveau mouvement.

Ceci explique qu'en 1966, il fut décidé de s'associer dans un premier temps à cette association sous le nom de " Groupement associé à l'AEAI ". Chacun y trouvait son intérêt: d'une part notre apport renforçait considérablement le statut professionnel de l'AEAI et d'autre part nous pouvions maintenant défendre nos problèmes spécifiques à l'UNME.
Lors de la première Assemblée générale du Groupement, en septembre 1966, le Conseil d'administration désigné se composait des représentants d'institutions suivants :

  • - Martine De Critz, la Châtaigneraie à La Hulpe
  • - Marie-Madeleine De Langhe, Le Refuge à Lilloisr
  • - Le Pasteur Jacques Harts (1905-1978), Notre Foyer à Wasmuel
  • - M.Ducobu,la Société Royale protectrice des enfants :3 institutions à Bruxelles
  • - M. Pereira, Le nid Marcelle Briard à Linkebeek
  • - Fernand Haass (1920-2002), Pension St. Paul à Bruxelles, secrétaire-trésorier. Pendant plus de trente ans
    il assuma toutes les tâches administratives dont notre publication " LE POINT"
  • - Michel Broux, La Cerisae à Spy, vice-président
  • - Jacques Leblanc, Le Logis à Genval, président jusqu'en 1995.

Notre mouvement, d'abord constitué en association de fait, rassemblait au départ surtout des institutions de la protection de la jeunesse.
Le groupement associé prit ensuite de plus en plus d'importance avec des membres IMP, institutions d'aide aux handicapés, jeunes et adultes, venus le rejoindre.




LA MATURATION

En 1973 (1), le groupement s'est constitué en ASBL et a pris alors pour dénomination" Groupement Autonome de Maisons d'Action Educative et Sociale- GAMAES ".Quelques années plus tard, pour mieux répondre à l'évolution du secteur, le " S " de " services " s'est ajouté au sigle qui est devenu "GASMAES".
Les membres fondateurs ont tenu à mettre l'accent plus particulièrement sur le pluralisme et l'indépendance de l'association qui n'était alors plus associée à personne, le mot autonome ayant pour eux une grande importance.

1974, c'est aussi l'année de la mise en place de la Commission paritaire 319 des établissements et services d'éducation et d'hébergement. L'UNME, devenue en 1977 UNIPRAH - Union Nationale des Institutions de Protection de la jeunesse et d'Aide aux Handicapés -, y délègue ses représentants issus des fédérations qui la composent. Le GASMAES y a ainsi mandaté d'abord un représentant: M. Ducobu, puis Francine Leblanc et Jean-Claude Canard, pour obtenir enfin deux sièges effectifs et deux suppléants lors de la création de la Sous-Commission francophone 319.02 devenue ensuite autonome.

Présente dans toutes les commissions ministérielles des secteurs tant de la Protection de la jeunesse que du Fonds 81 pour l'aide aux personnes handicapées (devenu en 1995 l'AWIPH - Agence wallonne pour l'intégration de la personne handicapée - un para-régional de type B), la Fédération du GASMAES compte aujourd'hui au nombre des interlocuteurs les plus autorisés.

QUELQUES MOMENTS FORTS

Parmi les activités qui ont marqué la Fédération jusqu'en 1995, il faut citer la journée d'étude organisée à Bruxelles, avec plus de cent cinquante participants, dans les somptueux locaux de la banque anciennement " Bruxelles-Lambert ".
Le Ministre Edouard Poullet, unique tête encore des deux secteurs, avait rehaussé la manifestation de sa présence ; celle-ci était placée sous la présidence d'honneur de M. l'Avocat Général Jean-Marie Piret.
Il est intéressant de souligner le pluralisme reconnu de notre fédération.Dans les années 80, M. Richard Bricourt, Directeur général des Affaires sociales de la Province du Hainaut à Marcinelle, avait demandé au GASMAES de représenter les établissements de son département à la Comission d'agrément de l'AAJ.

Dans les annales de la Fédération, il est agréable aussi de se rappeler notre voyage d'étude en Bretagne, du 19 au 24 septembre 1988. Ce séjour, à l'initiative du GASMAES dans le cadre de son adhésion à l'AIEJI -Association Internationale des Educateurs Sociaux- en collaboration avec la FISAJ, avait été réussi à tous points de vue. L'organisation locale avait été prise en main avec une grande efficacité par un collègue et ami, M. Daniel Dupied. Nous avions également eu les honneurs d'une réception à la mairie de Rennes.

En 1980/81, la régionalisation du pays a amené l'UNIPRAH à se scinder pour donner, au sud du pays, l'UFFIPRAH-Union Francophone des Fédérations de Protection de la Jeunesse et d'Aide aux Handicapés- dont le GASMAES a assuré la présidence de 1988 à 1991. Cependant le chapeau de l'UNIPRAH a été maintenu jusqu'en 2002.

L'histoire du GASMAES est aussi marquée par la vice-présidence de Jules Hendrick, fondateur et président de l'ASBL Saint Jean-Baptiste de la Salle à Malonne. Il a longtemps été le responsable, au sein de la Fédération, des établissements du Fonds 81. Député provincial honoraire, il est l'initiateur de plusieurs de nos Assemblées générales statutaires tenues au château de Namur où, dans un cadre enchanteur, nous avons bénéficié des services de sa réputée Ecole hôtelière

L'HISTOIRE CONTINUE

En 1995, Jacqueline Ashmore-Lorant, directrice fondatrice du Foyer l'Espérance à Bioul, succède à Jacques Leblanc, démissionnaire. Elle tiendra les rênes de la Fédération du GASMAES jusqu'en 2003.
En 2003, Jean-Claude Canard, directeur général de Services d'accueil et résidentiels pour handicapés mineurs et adultes Reumonjoie à Malonne, est élu à la présidence du GASMAES, après en avoir assumé pendant plusieurs années la vice-présidence et la responsabilité du secteur AWIPH.




1966-2006
" Quarante années d'actions et de service à la communauté. "
Rixensart, février 2006.
J. Leblanc.


(1) Les statuts de l'ASBL ont été adoptés par l'Assemblée Générale du GAMAES réunie à Bruxelles le 22 octobre 1973.
Ils ont été confirmés par l'Assemblée Générale du 21 juin 1974 et ont été publiés au Moniteur Belge du 12 septembre 1974.